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M18: sabotons la cérémonie d’ouverture de la BCE

Le printemps 2015 verra émerger un nouveau repère symbolique de la politique d’austérité, avec l’ouverture du nouveau siège de la Banque centrale européenne (BCE), à Francfort.
La cérémonie servira non seulement, pour les délégations des Etats membres, à se féliciter quant aux « solutions » contre la crise ; mais aussi à se préparer (et nous préparer) pour une autre série de programmes d’austérité. Ils veulent institutionnaliser l’état d’urgence.
Mais nombreux sont ceux et celles qui vont gâcher leur fête car leur solution à la crise, en un mot, le capitalisme, est une catastrophe pour la vie des gens. Ce printemps 2015, nous assisterons à un moment symbolique de la résistance contre le régime de la crise européenne. Des milliers de personnes de toute l’Europe participeront aux journées de protestation contre l’inauguration de la BCE.

La BCE comme un appareil symbolique de l’état transnational

Au travers de la BCE, les gouvernements européens mettent en œuvre des politiques d’austérité strictes qui ont causé des ravages dans le tissu social, en particulier en Europe du Sud. Ces mesures n’ont pas de fin, car tant la réduction forcée des dépenses publiques que l’augmentation de la masse monétaire n’ont pas été en mesure de renforcer l’économie, ou au moins de la stimuler. Le chômage et le sous-emploi ont atteint leur plus haut niveau historique et il est difficile de trouver des formes d’investissement rentables. La crise continue et les mesures prises pour lui faire face deviendront permanentes.

La BCE est l’appareil d’état transnational qui institutionnalise les politiques anti-crise. Conséquence de ces politiques : de moins en moins de gens parviennent à s’enrichir, tandis que de plus en plus tombent dans la pauvreté. La BCE est devenue un symbole évident de la domination capitaliste en Europe.

Inverser la vapeur: cesser toute complicité avec le capitalisme

La domination capitaliste contrôle chaque aspect de nos vies. Nos relations traditionnelles de dépendance et de contrôle, mais aussi de solidarité, s’y diluent: la façon dont nous travaillons, ce que nous mangeons, ce que nous aimons, où nous vivons et même l’air que nous respirons sont constamment encadrés.
Notre vie dépend de la reproduction quotidienne de la dynamique capitaliste et nous sommes partie intégrante du mécanisme qui nous contrôle. Toutes les promesses de nouvelles libertés ne sont pas seulement portées et faites par les classes dirigeantes, mais aussi appréciées et acceptées par les exploité-e-s. Mais même ici, dans la vie de tous les jours, les conflits et les contradictions de ce système de domination émergent; par exemple, lorsque les salaires et les pensions sont réduits; lors des expulsions de locataires ; lorsque l’état-social et la santé publique volent en éclat; lors de la destruction de l’environnement au nom du profit; lors de l’institutionnalisation de l’exploitation humaine par le système des frontières, qui provoque la mort des réfugié-e-s et des migrant-e-s. Toutes ces luttes sont notre point de départ. Nous sommes déterminé-e-s à rompre avec cette domination concrète, dirigée par les principes capitalistes. Nous faisons tous et toutes parties du capitalisme ; ensemble, nous pouvons le surmonter.

L’auto-organisation au-delà de l’état, la nation et l’Europe

Personne ne peut le faire pour nous, ni l’Etat ni un parti. La politique bourgeoise reste confinée aux besoins du capitalisme. Elle ne peut donc pas remettre en cause les principes de la domination capitaliste: la croissance économique (l’accumulation de capital) comme fin en soi et la séparation alors nécessaire du travail et des moyens de production. Nous devons reprendre le contrôle de nos vies et aspirer à l’auto-organisation dans une optique anti-autoritaire.

En Europe, les institutions transnationales comme la BCE ont été créés en dehors de la dialectique parlementaire traditionnelle. Sans regrets pour ce passé révolu, mais pour éviter d’être mis les uns contre les autres dans la défense inutile des frontières nationales, notre lutte doit assumer une optique internationale !

Le choix entre les anciens Etats-nation et l’Europe, tel que présenté par la droite populiste, n’en est pas un: l’Europe a toujours été une structure dans laquelle se développe la concurrence entre les États-nations. Cette structure a comme représentation principale la BCE, qui produit des gagnants et des perdants, crée les divisions nationales et renforce les formations nationalistes.

Une société émancipée ne pourra se créer qu’en dépassant les États-nation et l’Europe.

Approfondissons les processus d’échanges internationaux. Regroupons-nous autours de nos luttes, de notre colère et opposons-nous à la BCE en tant que symbole de la domination capitaliste en Europe. Rejoignez le bloc anti-autoritaire et anti-capitaliste lors de la manifestation et participez au blocage de l’inauguration de la BCE à Francfort!

Face the players, fight the game! Venez à Francfort pour saboter leur fête !

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